L'abandon de poste est réalisé par certains comme une alternative à une démission, mais il s'agit d'une procédure risquée.

L’abandon de poste : définition, procédure et risques

Temps de lecture : 5 min
Par Barbara Göller — Mise à jour le 20/11/2020

L’ESSENTIEL

  • L’abandon de poste désigne simplement le fait, pour un salarié, de ne pas se rendre à son travail.
  • Il est parfois volontaire : certains salariés qui souhaitent mettre fin à leur contrat de travail sans perdre leurs droits à l’allocation chômage y ont recours.
  • Or, pour cela, l’employeur doit les licencier. Cependant, rien n’y oblige l’employeur, qui n’a plus à verser de salaire au salarié qui ne travaille plus.
  • Dans ce cas, la situation est difficile pour le salarié : il ne perçoit ni salaire, ni allocation chômage. De plus, il ne pourra pas travailler pour un autre employeur.
  • Néanmoins, une fois le salarié licencié et le contrat de travail rompu, le salarié peut effectivement percevoir l’allocation chômage.
  • Cependant, il ne pourra percevoir les indemnités de licenciement seulement dans le cadre d’un licenciement pour faute simple, et non pas lors d’un licenciement pour faute lourde.

L’abandon de poste désigne simplement le fait, pour un salarié, de ne pas se rendre à son travail. Il fait cela sans justification auprès de son employeur, qui ne doit ainsi pas le rémunérer. Certains l’utilisent alors comme un moyen de démissionner en forçant l’employeur de les licencier, espérant ainsi obtenir le versement de l’allocation chômage. Mais une telle tentative est très risquée pour le salarié ! On vous explique tout ce qu’il faut savoir.

Comment faire un abandon de poste ?

💡 Lorsque vous signez un contrat de travail, vous vous engagez envers votre employeur à exécuter les tâches demandées au cours du temps de travail. En contrepartie, votre employeur s’engage à vous verser votre salaire.

Or, si vous ne vous rendez pas à votre travail, alors que vous n’avez pas de justificatif qui vous en dispense, vous commettez une faute. Effectivement, vous méconnaissez vos obligations issues du contrat de travail. C’est ce que l’on appelle l’abandon de poste.

☝️ Ainsi, l’abandon de poste est une raison qui permet à votre employeur de :

  • stopper le versement de vos salaires
  • vous sanctionner, voire de vous licencier.

Néanmoins, certains salariés peuvent être tentés de faire un abandon de poste, dans le but précis de se faire licencier. Effectivement, lorsqu’un salarié souhaite quitter son emploi, il doit faire une démission.

💰 Or, la démission vous empêche bien souvent de percevoir d’allocation chômage. Cela s’explique par le fait que l’allocation chômage n’est versée qu’en cas de perte involontaire d’un emploi.

De plus, le licenciement ne peut être initié que par l’employeur. En tant que salarié, vous ne pouvez donc pas demander à votre employeur de vous licencier.

Pour certain, l’abandon de poste force alors l’employeur de vous licencier et constitue ainsi une solution pour perdre votre emploi tout en percevant l’allocation chômage. Mais attention : cette tentative présente un certain nombre de risques.

Bon à savoir 📝 : une alternative possible est de proposer à votre employeur une rupture conventionnelle ! Cette solution est à privilégier à l’abandon de poste : votre contrat de travail peut ainsi être rompu tout en vous permettant d’obtenir le versement de l’allocation chômage.

Procédure abandon de poste

🤷 Vous êtes en abandon de poste ? Voilà la procédure que pourra suivre votre employeur.

Votre employeur a alors la possibilité de vous licencier pour votre abandon de poste. Or, ce licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse. Dans cette hypothèse, l’abandon de poste constitue une faute, généralement suffisamment grave pour permettre à votre employeur de vous licencier.

👉 Il doit alors suivre la procédure de licenciement habituelle, composée de 3 étapes :

  • la convocation à l’entretien préalable (à ce stade, la décision de licencier ne doit pas encore avoir été prise par l’employeur)
  • l’entretien préalable : les motifs de l’éventuel licenciement sont exposés au salarié, qui a la possibilité de s’exprimer face à l’employeur
  • la lettre de licenciement : l’employeur doit attendre deux jours ouvrables après l’entretien avant de vous l’envoyer.

Attention ⚠️ : votre employeur n’a aucune obligation de vous licencier. Il peut également laisser la situation telle qu’elle et ne pas réagir à votre abandon de poste.

Cela engendre différentes conséquences pour vous :

  • vous ne pouvez pas encore demander l’allocation chômage
  • vous ne percevez pas de salaire
  • et vous ne pouvez pas accepter de nouveau poste.

Abandon de poste : combien de temps sans salaire ?

Une question importante est alors : quel est le délai du licenciement suite à l’abandon de poste ? 🤷

En principe, à la suite d’une faute, votre employeur dispose d’un délai de 2 mois à compter de votre absence injustifiée pour engager une procédure disciplinaire, telle que celle qui conduit à votre licenciement.

Cependant, si au-delà du délai de 2 mois, votre absence se prolonge et vous ne répondez pas à nouveau, à un courrier de votre employeur, votre employeur pourra invoquer ces nouveaux faits pour vous licencier. Le délai recommence ainsi à courir.

Attention ⚠️ : votre licenciement pourrait donc intervenir après plusieurs mois seulement.

Ainsi, il n’est pas possible de déterminer combien de temps vous allez devoir rester sans salaire suite à un abandon de poste. Tout dépend des choix que fait votre employeur.

Abandon de poste : quelles indemnités ?

💡 Comme évoqué précédemment, il est effectivement possible de percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi suite à un abandon de poste. Cependant, cela n’est possible qu’à compter du moment où l’employeur décide d’effectivement vous licencier. Le versement ne pourra débuter qu’après la rupture effective de votre contrat de travail.

👉 Dès lors, une distinction doit être faite en fonction du type de licenciement :

  • licenciement pour faute simple : vous obtenez alors une indemnité de licenciement, d’une indemnité de préavis (s’il n’est pas exécuté) et d’une indemnité compensatrice de congés payés en plus de l’allocation chômage
  • licenciement pour faute grave : vous êtes dans ce cas privé des indemnités de licenciement et de préavis, mais pouvez percevoir l’allocation chômage, la rupture du contrat de travail étant tout de même considéré comme indépendant de votre volonté par Pôle emploi.

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