La séparation de corps est un moyen de se séparer lorsque l’on est mariés, mais sans avoir à procéder à un divorce qui peut être très coûteux et long. Paradoxalement, le régime de cette séparation sans divorce est similaire à la procédure de divorce. Elle emporte des conséquences concrètes, notamment en matière patrimoniale. Avant de se lancer, bien comprendre les démarches qu'elle implique est donc essentiel.

Quelle est la procédure à suivre pour obtenir une séparation de corps ? Quelles sont les démarches essentielles ? On vous explique tout sur cette séparation sans divorce.

Sommaire

  1. Séparation de corps : la requête au juge
  2. Séparation de corps : l'audience de conciliation
  3. Séparation de corps : l'audience de non-conciliation


Séparation de corps - quelles démarches

Séparation de corps : la requête au juge

L’époux qui souhaite obtenir la séparation doit demander à son avocat de présenter une requête de séparation de corps au juge aux affaires familiales (JAF) du tribunal d'instance du lieu de leur résidence.

Il est obligatoire pour chaque époux de se faire représenter par un avocat durant la procédure. Autrement dit, pas de séparation de corps sans avocat !

Bon à savoir : l’avocat peut être le même pour les deux époux, s’il s’agit d’une initiative faite d’un commun accord.

La requête doit contenir :

Séparation de corps : l’audience de conciliation

Une fois saisi par l’un des époux souhaitant obtenir une séparation de corps, le JAF a 1 à 2 mois pour convoquer les époux à une audience de conciliation. D’abord, il reçoit les époux chacun séparément, puis il les voit ensemble.

A noter : il n’y a pas de tentative de conciliation si la requête de séparation de corps est faite d’un accord mutuel par les époux.

A l’issue de cette tentative de conciliation, et jusqu’à 6 mois, le JAF peut décider de suspendre la procédure et d’entamer ensuite une nouvelle tentative de conciliation.

Bon à savoir : le délai de réflexion accordé aux époux pour la conciliation est de maximum 8 jours.

Pour y voir plus clair, n'hésitez-pas à consulter un avocat spécialisé par téléphone.

Séparation de corps : l’audience de non-conciliation

S’il n’a pas réussi à obtenir la réconciliation des époux, le JAF va convoquer les époux à une audience pour décider des modalités de la séparation de corps :

En cas de séparation de corps par consentement mutuel : le juge va s’assurer que la convention de séparation de corps conclue par les époux est valide. Pour être homologuée par le juge, la convention doit protéger les droits et intérêts des enfants, et ses conditions doivent avoir été acceptées de manière libre et éclairée par les époux.

En cas de séparation de corps contentieuse : le JAF demande aux époux s’ils sont d’accord sur le principe de la séparation de corps.

De plus, pendant l’audience, le juge va ordonner des mesures provisoires. Il s’agit, par exemple, de mesures liées à la pension alimentaire ou attribuant la jouissance du logement à l’un ou l’autre des époux.

A la fin de l’audience, le JAF va rendre une décision : il s'agit de l’ordonnance de non-conciliation.

Afin que la séparation de corps ait lieu officiellement, il faudra ensuite que l’un des époux
assigne l’autre en séparation, sous 3 mois après l’audience de conciliation. Cette assignation peut être refusée par l’époux qui la reçoit, sauf s’il ou elle a accepté le principe de la séparation de corps durant l’audience.

Vous connaissez maintenant les démarches à effectuer pour cette séparation sans divorce. Vous pouvez maintenant vous pencher sur les conséquences de la séparation de corps !

Des interrogations persistent ? Vous n'êtes pas sûr(e) de vos droits ? N’hésitez-pas à poser une question en ligne gratuitement ou encore à consulter un avocat spécialisé par téléphone.

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Fiche pratique rédigée par Lou Blouin I Lou est diplômée d'une double maîtrise en droits français et anglais de King’s College London et de l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).