Quatre ans après s’être engagé à embaucher 1000 nouveaux salariés, General Electric a annoncé hier matin  la suppression de plus de 1000 emplois en France.

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General Electric : la fin du suspens

 

Le géant américain General Electric a attendu comme prévu la fin des élections européennes pour se prononcer sur les conséquences en France du plan de restructuration envisagé par l’entreprise depuis plusieurs mois.

Si des procédures de licenciement étaient attendues, se posait la question de leur ampleur. L’entreprise américaine a mis fin au suspens mardi 28 mai : plus de 1000 emplois sur 16 000 devraient être supprimés en France. À cela s’ajoutent les 500 départs déjà négociés dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives et de plans de départs à la retraite anticipés.

Le site de Belfort sera le plus affecté : un quart des salariés est menacé. Les suppressions de postes concernent 792 emplois dans la branche turbines à gaz à Belfort et plus de 250 postes dans les fonctions de supports à Belfort et à Boulogne-Billancourt.

Il faut faire face à une réalité : General Electric rencontre des difficultés ces dernières années. Les commandes de turbines à gaz se sont effondrées, plus de 100 turbines à gaz étaient produites chaque année à Belfort il y a dix ans, contre 29 l’an passé.

Coup de massue pour les salariés et les élus locaux qui gardent en mémoire les promesses faites 4 ans plus tôt.

General Electric : un sentiment de trahison

 

"Belfort a un avenir industriel". Il y a tout juste 4 ans, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, avait tenté de rassurer les milliers de salariés de la branche énergie d’Alstom dont le rachat par General Electric était en pleine négociation.

Chose faite en 2015 : Alstom Énergie a été absorbée pour 13,5 milliards d’euros par le géant américain. General Electric s’était alors engagé à créer 1000 emplois en France. Non seulement cette promesse d’embauche ne sera pas tenue et plus de 1050 emplois sont menacés de suppression.

"Pour accompagner le renouvelable, la meilleure solution c'est la turbine à gaz. Et il y a encore un avenir à Belfort pour la turbine à gaz" souligne Francis Fontana, délégué syndical Sud-GE Belfort.

Florian Bouquet, Président du Conseil départemental du Territoire de Belfort, soutient, amer, qu’“un certain nombre de promesses avaient été faites" par Emmanuel Macron lors du rachat d’Alstom Énergie par General Electric mais que “cela n'a jamais abouti”. On est loin de "l'objectif zéro licenciement pour Alstom" posé en 2015 par Emmanuel Macron.

Le maire de la ville Belfort, Damien Meslot (LR) a soutenu ce matin sur RTL que ce dossier "est de la responsabilité du président de la République".

Suite à l’annonce de l’entreprise américaine, Emmanuel Macron s’est de nouveau voulu rassurant hier soir depuis Bruxelles. "Nous serons extrêmement vigilants pour que tous les engagements qui ont été pris par General Electric soient tenus" assure-t-il avant de promettre "la mobilisation de tout le gouvernement pour que toutes les solutions soient trouvées”.

Glissement des salariés vers la filière nucléaire de General Electric, implantation de nouvelles activités industrielles à Belfort (fabrication de moteurs à hydrogène, production de turboréacteurs pour l’aéronautique pour l’entreprise Safran...) : plusieurs pistes sont étudiées par le gouvernement.

Dans tous les cas, les salariés licenciés percevront des indemnités de licenciement.

 

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Fiche pratique rédigée par Marie Serre | Marie est diplômée d'un Master 2 en Droit privé général à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.