Le stress au travail peut déclencher une sensation d’épuisement et d’anxiété chez le salarié, pouvant déboucher sur un épuisement professionnel, aussi appelé burn out.

Qu’est ce qu’un épuisement professionnel ? Que faire en cas de burn out ? On vous explique tout ce qu’il faut savoir !

Sommaire

  1. Épuisement professionnel : qu’est ce que c’est ?
  2. Épuisement professionnel : que peut faire le salarié ?
    1. Obtenir un arrêt de travail
    2. Faire reconnaître son burn out comme maladie professionnelle pour obtenir des indemnités
    3. Rompre son contrat de travail aux torts de l'employeur
  3. Épuisement professionnel : comment le prévenir ?

Image_Preview_Epuisement_Professionnel

Épuisement professionnel : qu’est ce que c’est ?

 

Le syndrome de l’épuisement professionnel, aussi appelé burn out, fait référence à un état de fatigue physique et mentale intense, ressenti face à des situations de travail nécessitant une implication émotionnelle conséquente.

L’épuisement professionnel a 3 dimensions :

  • Un épuisement physique et émotionnel au quotidien
  • Un sentiment d’indifférence et une attitude négative et détachée vis à vis des autres et de son travail
  • Une dévalorisation de soi-même et le sentiment d’être de plus en plus inefficace dans son job

De nombreux facteurs sont source de stress au travail et donc susceptibles de contribuer à un burn out. Constituent des éléments favorisant l’épuisement professionnel :

  • Des exigences importantes (intensité et temps de travail)
  • Des conflits de valeur
  • De mauvaises relations au travail
  • Un faible contrôle sur le travail
  • Un manque de reconnaissance
  • Un manque d’équité

Épuisement professionnel : que peut faire le salarié ?

 

Obtenir un arrêt de travail

 

Le salarié, dès lors qu’il ressent les symptômes d’un épuisement professionnel, doit avant toute chose consulter son médecin traitant ou le médecin du travail. Ce dernier, s’il constate que le salarié fait effectivement face à un burn out, lui suggérera de s’arrêter de travailler et lui délivrera un arrêt de travail dont la durée dépendra de l’intensité de l’épuisement professionnel.

Faire reconnaître son burn out comme maladie professionnelle pour obtenir des indemnités

 

Parallèlement à son arrêt maladie, le salarié peut faire reconnaître son épuisement professionnel comme maladie professionnelle afin de bénéficier de certaines indemnités. Le burn out n’étant pas désigné dans le tableau des maladies professionnelles, le salarié doit lui-même prouver que son épuisement professionnel est directement et exclusivement lié à son emploi et qu’il l’a rendu au moins partiellement incapable de travailler.

A cette fin, le salarié doit formuler sa demande auprès de la CPAM et lui envoyer plusieurs documents :

Au regard de ces documents, la CPAM évaluera le taux d’incapacité de travail du salarié en fonction duquel le burn out sera ou non reconnu comme maladie professionnelle. Si le taux d’incapacité de travail dépasse 25% et s’il y a un lien direct entre le burn out et l’emploi, la CPAM reconnaîtra l’épuisement professionnel comme maladie professionnelle.

Le salarié pourra alors obtenir la réparation de ses dommages corporels, bénéficiera d’indemnités journalières de maladie en cas d’interruption temporaire de travail et d’une rente en cas d’incapacité permanente à travailler.

Rompre son contrat de travail au torts de l'employeur

 

Par ailleurs, si le salarié estime que son employeur a manqué à son obligation de veiller à la santé et à la sécurité des salariés, le salarié peut demander devant le conseil des prud’hommes la rupture de son contrat de travail aux torts de l’employeur dans le cadre d’une action en résiliation judiciaire.

Un salarié en situation de burn out peut faire l’objet d’un licenciement dans deux situations :

  • Le salarié en arrêt de travail de longue durée ou de manière répétée peut être licencié si cela engendre une désorganisation de l’entreprise qui nécessite le remplacement définitif du salarié.
  • De même, le salarié en burn out reconnu inapte par le médecin du travail et dont le reclassement n’est pas possible, pourra faire l’objet d’un licenciement pour inaptitude professionnelle.

Toutefois, si le salarié démontre que son employeur a manqué à son obligation de veiller à la santé et à la sécurité des salariés, le licenciement sera alors requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, type de licenciement abusif. Cela permettra au salarié d’obtenir, sous certaines conditions, le paiement d’une indemnité de licenciement, d’une indemnité de préavis, des congés payés et de dommages et intérêts.

Épuisement professionnel : quelles obligations de l’employeur ?

 

L’employeur a, dans le cadre du contrat de travail, une obligation de sécurité. À ce titre, il est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. À cette fin il doit mettre en place :

  • Des actions de prévention des risques professionnels
  • Des actions d’information et de formation
  • Une organisation et des moyens adaptés

Afin de prévenir les situations d’épuisement professionnel ou d’y remédier à l’avenir, l’employeur a plusieurs modes d’action :

  • Prise en charge individuelle du salarié :
    • L’employeur doit analyser les facteurs qui ont favorisé l’apparition d’un épuisement professionnel chez l’un de ses salariés ou susceptibles d’y contribuer (charge de travail, climat au travail, organisation du travail au sein de l’entreprise…).
    • L’employeur doit agir en conséquence de manière individualisée (redéfinition des objectifs professionnels, adaptation des horaires de travail…).
  • Prise en charge collective : l’employeur doit également agir de manière collective (réorganiser le travail, informer et communiquer avec les salariés, améliorer l’environnement de travail…).

 

Avostart a été créée pour permettre à tous d’avoir accès au droit via une information juridique sérieuse et de qualité. C’est pourquoi notre contenu est rédigé par des experts dotés d’une formation juridique.

Fiche pratique rédigée par Marie Serre | Marie est diplômée d'un Master 2 en Droit privé général à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.