La démission est un acte par lequel le salarié émet le désir de mettre fin à son contrat de travail. Lorsque vous donnez votre démission, vous êtes donc la seule et unique personne à pouvoir prendre cette décision. Il arrive néanmoins que certains employeurs imposent à leur salarié de démissionner. Dans d’autres cas, le salarié est confronté à des manquements graves de la part de son employeur et prend la décision de démissionner. Dans les deux cas, le salarié se retrouve sans emploi et sans allocation chômage. Que faire dans cette situation ? Ce guide pratique vous dit tout !

Mini-sommaire

  1. Réagir après une démission sous contrainte

  2. Réagir après une démission causée par des manquements graves de l’employeur

1. Réagir après une démission sous contrainte

Il arrive qu’un employeur fasse pression sur son employé pour que celui-ci présente sa démission. Si vous êtes dans ce cas, il est essentiel d’alerter les instances compétentes (délégués du personnel, inspection ou médecin du travail). Ces acteurs chercheront à faire diminuer la pression exercée sur vous.

Essayez, dans la mesure du possible, de ne pas rédiger ou signer de démission si vous ne souhaitez pas réellement démissionner.

Si vous avez présenté votre démission à votre employeur sans vraiment le vouloir et sous la pression de celui-ci, vous pouvez tenter de la faire annuler.

Rappelons qu’une démission est valide si elle résulte d’une volonté “claire et non équivoque” du salarié. Il est donc interdit à tout employeur de forcer son employé à démissionner.

Vous pouvez contester une démission forcée devant le conseil de Prud’hommes, même si vous l’avez déjà remise à votre employeur. Il est très fortement conseillé de recourir à un avocat pour vous accompagner dans vos démarches. Il faudra en effet prouver au tribunal que votre employeur vous a forcé à démissionner.

Si les faits sont reconnus, votre démission est annulée : votre réintégration dans l’entreprise est possible. Vous pouvez obtenir des indemnités et faire condamner pénalement votre employeur si ses agissements sont reconnus comme étant constitutifs d’un harcèlement moral.

2. Réagir après une démission causée par des manquement graves de l'employeur

Un autre cas de démission forcée est le suivant : votre employeur ne respecte pas votre contrat de travail et vous êtes ainsi contraint(e) de démissionner.

Par exemple, il est possible que votre employeur cesse de vous verser vos salaires et que vous soyez par conséquent obligé(e) de démissionner pour trouver un autre emploi.

Une fois votre démission posée, vous pouvez intenter une action devant le conseil de Prud’hommes et demander aux juges d’attribuer cette démission aux torts de l’employeur. Ceux-ci pourront reconnaître que vous avez souhaité quitter votre emploi à cause de l’attitude de votre employeur.

Votre démission sera alors requalifiée en “licenciement sans cause réelle et sérieuse”.

Si le licenciement “sans cause réelle et sérieuse” est reconnu, votre employeur devra vous verser des indemnités et vous pourrez toucher les allocations chômage.


Vous pouvez également demander au conseil de Prud’hommes la réparation des erreurs de votre employeur à l’origine de votre démission (versement de salaires jamais perçus par exemple).